Une traduction peut rester bloquée lorsque plusieurs collègues proposent des corrections contradictoires. L’un préfère un ton formel, l’autre remplace un terme approuvé et un troisième utilise une ancienne version du texte source. Un processus de révision utile transforme ces réactions en décisions applicables. Il permet de corriger les problèmes réels sans rouvrir systématiquement tous les choix de style.
Attribuez un rôle précis à chaque personne
Choisissez les réviseurs selon les questions qu’ils peuvent trancher. Le responsable d’un programme connaît le fonctionnement de l’admission. Le spécialiste d’un produit peut vérifier le nom d’une pièce. Les communications évaluent le ton. La révision bilingue compare la traduction à sa source. La maîtrise d’une langue ne remplace pas toute cette connaissance du contexte.
Désignez une personne qui regroupe les commentaires et une personne qui dispose de l’autorité finale; pour un petit projet, il peut s’agir de la même personne. Précisez à chacun la version source et le glossaire applicables, si la vérification porte sur la langue ou sur la mise en page, et la date limite de remise des commentaires.
Distinguez les types de commentaires
- Sens : un élément manque, a été ajouté ou diffère de la source.
- Terminologie : le terme ne correspond pas au concept ou au vocabulaire approuvé.
- Lisibilité : la phrase est difficile à comprendre pour le public visé.
- Préférence : une autre formulation est possible sans que la première soit incorrecte.
- Problème dans la source : le texte original doit être clarifié ou modifié.
Ces catégories servent à expliquer le problème, pas à attribuer une note. Si une erreur provient de la source, faites approuver sa correction par le responsable du contenu et reportez-la dans toutes les langues.
Formulez des commentaires exploitables
« Ça ne sonne pas bien » ne suffit pas. Précisez plutôt le contexte et le sens voulu : « Ici, le terme anglais “application” désigne une demande de financement et non un logiciel. Merci d’utiliser le terme approuvé pour le programme. » Ajoutez l’emplacement, la formulation actuelle, le problème et la référence pertinente.
Pour une question de ton, fournissez un exemple approuvé et expliquez la différence recherchée. Si vous proposez une formulation, demandez au traducteur de vérifier les accords et les passages connexes. Une modification locale peut toucher des pronoms ou des libellés répétés ailleurs.
Réglez les contradictions avant le retour au traducteur
Utilisez un seul document commenté ou une grille indiquant l’emplacement, le problème, l’action proposée, le responsable et l’état de la décision. Conservez les réponses du traducteur afin que les prochains réviseurs comprennent les choix retenus. Ne remplacez pas discrètement une décision résolue par une préférence différente.
Si des commentaires se contredisent, demandez d’abord à la personne responsable de la décision de préciser l’exigence à respecter. Une même phrase ne peut pas à la fois reproduire fidèlement une politique officielle et en proposer une explication librement reformulée pour le public : il faut alors prévoir deux livrables distincts.
Fermez la révision et encadrez les modifications suivantes
- Réglez chaque question ou indiquez explicitement son report.
- Vérifiez que la terminologie approuvée est utilisée de façon cohérente dans tout le document.
- Contrôlez la mise en page si le texte a été déplacé ou raccourci.
- Consignez le nom du fichier, la version, la date et la personne responsable.
- Transmettez les changements ultérieurs dans une nouvelle demande identifiable.
Convenez dès le départ du nombre de cycles de révision et de leur portée. Corriger une erreur, ajouter un paragraphe source et changer de public sont des interventions différentes. Les distinguer facilite la planification et la traçabilité du résultat.
